Reconnaître des motifs c’est faire l’expérience de la durée. En se confrontant à soi, aux autres, on identifie ce qui se joue et se répète. La répétition est à la base de la vie. L’enfant veut recommencer, encore et toujours. Pour lui, s’arrêter n’est pas une option. Il est là où se situe l’action et devant lui s’étend un infini.
Il y a dans l’acceptation de la finitude à la fois la promesse du plaisir, dans la libération, l’extase, le relâchement des contraintes, mais aussi l’angoisse de l’arrêt, le deuil de ce qui a été. Certains processus se terminent naturellement par les lois physiques qui les régissent. Leur caractère déterministe permet la compréhension de leur cause, la prévision de leurs effets. Le recommencement d’un cycle thermodynamique, le fonctionnement d’une boucle automatique, les oscillations stationnaires, nous décrivons méticuleusement l’entretien d’un phénomène périodique et savons où, quand et comment il prendra fin.
Il en est tout différemment pour les mécanismes aléatoires. Je crois que nous vivons intensément dans la répétition, accrochés à l’acte stimulateur nous amenant vers la plénitude. Nous le désirons encore, nous n’avons pas de raison de nous en détourner. Nous poursuivons cette quête sécurisante qui satisfait nos besoins primitifs. Et parfois la survenue dans le décor d’un élément inattendu réécrit la partition et indique une porte de sortie, d’un motif, vers la recherche d’un suivant.



